Pourquoi faire; Pour quoi faire

Informations pratiques :

Samedi 09/11 de 16h à 20h: vernissage en présence de plusieurs des artistes exposés ;

Samedis 16/11, 23/11, 30/11, 7/12 et 14/12: ouvert sans rendez-vous de 14h à 18h;

Dimanche 8/12 à 16h: conférence-discussion avec Camille Richert, doctorante en histoire de l’art à Sciences Po Paris et responsable pédagogique du Prix Sciences Po pour l’art contemporain, sur le thème notamment du sommeil comme dernier bastion résistant à la consommation/production et son traitement par les artistes (le sommeil, la pause, le jeu…). Inscription obligatoire:  mailto:info@ete78.com

 

Artistes exposés: Bertille Bak, Emilie Brout & Maxime Marion, Marc Buchy, Samuel Buckman, Joséphine Kaeppelin, Martin Le Chevallier, None Futbol Club, Dominique Mathieu, Adrian Melis, Julien Prévieux, Mika Rottenberg, Rirkrit Tiravanija et Elsa Werth.

Organisation: Renato Casciani et Eté 78.

Informations : www.ete78.com et  mailto:info@ete78.com

A l’occasion de l’une des éditions des « 3 Collectionneurs autrement » à l’Eté 78, nous avions invité Catherine et Renato Casciani, collectionneurs lillois, à exposer quelques pièces de leur collection.  Nous nous recroisons souvent depuis et, de discussions en discussions, est née l’idée d’organiser ensemble cette exposition « Pourquoi faire; pour quoi faire».

Renato est médecin généraliste et exerce dans la région lilloise. Nos carrières professionnelles respectives, en entreprises, dans le milieu associatif et coopératif ou comme indépendant, et nos intérêts personnels nous amènent régulièrement à nous poser des questions sur la notion de travail, de faire, de créer. Travailler, est-ce toujours faire ? Etre artiste, est-ce travailler ? Etre actif bénévolement, est-ce travailler? Apprendre et transmettre, est-ce produire quelque chose? Et tout cela, dans quels buts ? Que produisons-nous ? Pourquoi et comment? Quels sont nos choix ?

Peut-être, l’élément déclencheur de cette envie de réfléchir avec des artistes autour de ces thèmes a été une enquête menée par le ministère belge des affaires économiques et commanditée par la Commission Européenne. Des ménages, choisis au hasard, étaient invités à répondre à des questionnaires relatifs au travail, à leur occupation : en avaient-ils ? en cherchaient-ils ? en rapport avec leur diplôme ? leur situation avait-elle changé au cours des trois derniers mois ?… Une trentaine de questions, posées trois fois en deux ans. Aucune de ces questions n’abordaient le bénévolat, l’apprentissage, la création artistique (quelle qu’elle soit), la réflexion et la pensée, ou toute activité non directement rémunérée. Comme si « être occupé », « travailler » c’est forcément avoir un emploi rémunéré.  Comme si « travailler » c’est forcément produire un bien ou un service que l’on peut évaluer en euros.

Nous avons relayé ces préoccupations aux interviewers…qui n’ont rien pu nous répondre d’autre que « ce n’est pas prévu dans le questionnaire ».

Avec Renato, nous avons aussi eu l’occasion de discuter de ces notions de fatigue, de burn-out, de mal-être au travail, de perte de sens, de vide, d’absurdité des tâches, de responsabilité individuelle et collective dont on parle tellement pour le moment.

C’est de cela que nous avons voulu discuter dans cette exposition : tenter d’aborder et de parler du sens de « faire quelque chose », exploré sous différents angles au travers d’œuvres d’artistes plasticiens contemporains.

Pour l’occasion nous avons aussi commandité et co-produit deux œuvres spécifiques: l’une de Martin Le Chevallier et l’autre de Marc Buchy. Et, notamment, Julien Prévieux nous fait l’honneur de montrer pour la première fois sa nouvelle vidéo récemment créée.

C’est grâce à ces artistes, certains connus, d’autres moins, c’est grâce à leurs œuvres (vidéos, sculptures, actions, conceptuelles ou très matérielles, avec humour ou gravité) que nous espérons pouvoir partager avec vous des réflexions sur ces sujets.

Il n’est pas question ici de critiquer aveuglément (et sans connaissance profonde comme cela est souvent le cas) le monde du travail ou de l’entreprise, qui n’est probablement ni pire ni meilleur que toute autre activité ou organisation. Le monde de l’entreprise est complexe, multiple. Il n’est pas un. Il peut aussi être acteur et vecteur de connaissance, d’apprentissage, de transmission, de découverte d’autres personnes, lieux, milieux, matières… Il serait sans doute intéressant d’étudier cela l’aune de la sociologie du travail et des diverses théories économiques passées et actuelles.

Les 13 œuvres exposées proviennent de collections privées ou des artistes directement. Merci à Violène Verduron, Alain Servais, aux prêteurs anonymes et aux artistes pour leur soutien et confiance.

 

Photos: IMW, Samuel Buckman, 2015 /  Where Is My (Deep) Mind, Julien Précieux, 2019 / Le travailleur et l’artiste, Martin Le Chevallier, 2019 / Brique (Relocalisons l’économie), Dominique Mathieu, 2015 / Boussole, Elsa Werth, 2019

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